Une traduction ?  

   

Le volet sanitaire

Pas d'inquiétude en régions tempérées. Vigilance, quelques transmissions "autochtones" ponctuelles possibles.

L’identification d’Aedes albopictus en Europe du sud (en Italie, depuis une vingtaine d’années, et désormais dans de nombreuses communes du sud-est français : 06, 04, 83, Corse, 13, 30,34), a suscité cette question : chez nous, peut-il y avoir une épidémie comparable à celle de chikungunya qui a sévi à La Réunion en 2006 ou à celle de dengue aux Antilles, en 2010, et dont le vecteur est le même Aedes albopictus ? Tout esprit rationnel dira qu’on ne peut jamais dire « jamais ». Mais pour autant, les spécialistes apportent des réponses rassurantes : il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Aedes albopictus n’est pas la dengue ou le chikungunya

D’abord, il importe de distinguer entre un vecteur potentiel (tel qu’Aedes albopictus) et une maladie vectorielle (telle que le chikungunya ou la dengue). Car là où il y a un vecteur, il n’y a pas nécessairement de maladie.

D’abord le moustique

Originaire d’Asie du sud-est, Aedes albopictus (ou « moustique tigre ») présente une grande plasticité, qui lui a permis de s’adapter à diverses conditions de milieu. De sorte que depuis sa zone tropicale originelle, il a pu s’implanter dans des pays tempérés, en Europe du sud, entre autres. Ainsi est-il présent en Italie depuis une vingtaine d’années.

Ensuite les virus

Le virus chikungunya (en swahili : homme courbé), dont une épidémie a affecté en 2006 l’île de La Réunion, est naturellement transmis en régions tropicales et sub-tropicales par la piqûre du moustique Aedes albopictus. Il est originaire des zones tropicales et intertropicales d’Afrique, d’Inde et d’Asie (première découverte en 1953, en Tanzanie et en Ouganda), dans lesquelles il se maintient. (voir site du Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes)

Le virus de la dengue (DENV) fait partie de la famille des Flavivirus. Il est classé en quatre sérotypes différents (DENV-1 à DENV-4). Ce virus est l’un des plus répandus à travers le monde : on dénote environ 100 millions de cas chaque année de sa maladie, sous sa forme bénigne. (voir site du Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes)

Improbabilité d’une épidémie d’ampleur, mais quelques transmissions autochtones possibles

L'été sous les tropiques, c'est l'hiver chez nous. Cette donnée est un facteur amenuisant, en termes de risques, car dans nos pays tempérés, le moustique passe par une période de diapause hivernale (hibernation) durant laquelle il n’a plus d’activité de piqûre. Donc il ne peut y avoir rencontre entre des personnes contaminées à la dengue ou au chikungunya venant de l’hémisphère sud avec des moustiques tigres potentiellement vecteurs de l’hémisphère nord, puisque ceux-ci sont alors inactifs.

Toutefois, l’augmentation considérable du tourisme mondial incite les pouvoirs publics à être vigilants et à user du principe de précaution, même si le risque de voir se développer dans nos régions un épisode épidémique de grande ampleur est hautement improbable.

La dengue sévit aux Antilles et le chikungunya dans des pays de l’hémisphère nord, comme l’Inde. Là, la concomitance de temps existe entre une circulation de personnes contaminées et éventuellement virémiques et la présence active de moustiques tigres dans les départements concernés de notre pays (06, 83, 13, 2A, 2B).

Quelques transmissions autochtones sont donc possibles, comme en témoignent quatre cas récents, en septembre 2010 : deux à Nice (dengue) et deux autres à Fréjus (chikungunya) ou encore l’épisode de chikungunya en Emilie-Romagne (Italie du nord), à l’été 2007.

Le « plan national antidissémination » : une garantie de protection

Mis en place par le ministère de la Santé dès juin 2006, le plan national antidissémination du chikungunya et de la dengue fixe 7 niveaux (de 0 à 6) de réponses adaptées à l’extension géographique du moustique vecteur Aedes albopictus (dit « moustique tigre ») et à l’apparition éventuelle de cas de dengue ou de chikungunya, importés ou autochtones.

Ce plan repose sur :

  • une veille entomologique serrée.
  • une identification en temps « t » de l’installation d’Aedes albopictus sur de nouveaux territoires.
  • un suivi des densités de populations du moustique là où il est installé.
  • une démarche d’information préventive.
  • une capacité de réponse insecticide immédiate (lutte antivectorielle - LAV), en cas de suspicion et, a fortiori, d’identification de cas de dengue ou de chikungunya, importés ou autochtones (contractés sur place).

Ce dispositif permet de casser dès le départ la chaîne vectorielle, évitant ou limitant strictement des transmissions homme - moustique - homme, et d’empêcher ainsi d’éventuelles épidémies.

Le traitement comparé de l’épisode ponctuel de dengue et de chikungunya, cette année à Nice et Fréjus (4 cas seulement), et de celui survenu à l’été 2007 en Emilie-Romagne (Italie) atteste l’efficacité du plan « antidissémination ».

En effet, en Italie, en 2007, il n’existait pas un plan comparable et le chikungunya a pu se développer, à proximité de Ravenne, à partir d’une première transmission non détectée au départ. Ce n’est qu’un mois et demi plus tard que la maladie a pu être identifiée et, dans l’intervalle, près de 200 cas s’étaient déclarés.

Le plan antidissémination, appliqué dans les 4 cas récents de transmission autochtone de dengue, à Nice, et de chikungunya, à Fréjus, a précisément empêché une propagation du même ordre.

Préconisations préventives de la DGS

Le ministère de la Santé (DGS) rappelle ses préconisations habituelles pour toute personne se rendant en voyage dans une zone où des maladies vectorielles peuvent être transmises par des moustiques : la prévention contre les piqûres de moustiques (port de vêtements amples, répulsifs, moustiquaires…) est un moyen simple et efficace de ne pas contracter de maladie ; elle permet également de ne pas ramener en France une maladie qui pourrait secondairement infecter des proches par l’intermédiaire de moustiques vecteurs présents sur notre territoire (site de l'INPES).

   
© EID MED / CG06 - 2011